Compte rendu Pêche électrique d'inventaire sur Le Furan à la Fabrique Andrézieux-Bouthéon

Lundi 18 Juillet 2016 a eu lieu comme chaque année la pêche électrique de suivi piscicole sur le Furan au niveau de La Fabrique à Andrézieux-Bouthéon...

La toute récente passe à poissons construite sur le seuil des peupliers (juste en aval de la pêche électrique) est elle fonctionnelle ?

La réponse est OUI !!! 

En effet 12 espèces de poissons ont été retrouvé (au lieu de 5 l'an passé) et en quantité !!!

Plus d'informations à lire sur le communiqué de l'ONEMA.

 

Dossier de presse relatif à la pêche électrique réalisée le 18 juillet 2016 sur le Furan à Andrézieux par les agents de l’ONEMA

 

Nicolas Roset : Ingénieur responsable de l’Unité Connaissance - Délégation Régionale de l’ONEMA Rhône-Alpes

Yvan Falatas – Technicien Contrôle des Usages en appui à la Continuité écologique- Délégation Régionale de l’ONEMA Rhône-Alpes

Benjamin Faure : Ingénieur Appui aux politiques de l’Eau-chargé de la Continuité Ecologique - Délégation Régionale de l’ONEMA Rhône-Alpes

Michael Sadot  : Technicien chargé de la réalisation des pêches pour les départements du Rhône et de la Loire. ONEMA-Délégation régional Rhône-Alpes

 

Ce 18 juillet des agents de la Délégation Régionale et du Service Départemental de la Loire de l’ONEMA (Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques)[1], accompagnés par des techniciens de la Fédération de Pêche de la Loire, ont réalisé une pêche à l’électricité sur le Furan à Andrézieux-Bouthéon (42).

Cette opération à vocation scientifique et technique, nécessitant une autorisation exceptionnelle et un personnel qualifié, rendre dans le cadre des missions de suivi des peuplements de poisson réalisées par l’ONEMA pour le Ministère en charge de l’environnement et coordonnés par les Agences de l’eau. En effet la station sur le Furan à Andrézieux-Bouthéon appartient à deux réseaux nationaux :

  • le Réseau Hydrobiologique et Piscicole (RHP) initié par le Conseil Supérieur de la Pêche (devenu ONEMA) depuis le milieu des années 90s. Il consiste à suivre annuellement et à long terme l’évolution des peuplements de poissons sur 35 stations en Rhône-Alpes, en lien avec la qualité du milieu (qualité et quantité d’eau, qualité de l’habitat / continuité pour les poissons, hydrologie, thermie, gestion halieutique…).
  • le Réseau de Contrôle de Surveillance (RCS) mis en œuvre depuis 2007 à l’échelle nationale pour répondre aux exigences de la Directive Cadre Européenne sur l’Eau (DCE). A travers environ 120 stations pour la région Rhône-Alpes, ce réseau vise à établir l’état écologique des cours d’eau en relation avec différents types de pressions liées aux activités humaines (agriculture, industrie, urbanisation, transports, production d’électricité, pêche,…) et à suivre son évolution dans le temps en fonction notamment des programmes d’actions de restauration de la qualité des milieux mises en place (programme de mesures, ¨PAOT…).

A côté des analyses physico-chimiques traditionnellement réalisées pour mesurer la qualité de l’eau, des indicateurs biologiques parmi lesquels figurent les poissons, sont aujourd’hui davantage pris en compte, En effet, certaines espèces ou groupe d’espèces, particulièrement sensibles aux pollutions, à la destruction de leurs habitats (travaux et aménagements des cours d’eau) et aux obstacles à leur migration (barrages, seuils), constituent de véritables « baromètres » de l’état des cours d’eau.

Alors que le RCS est sous la responsabilité globale des Agences de l’eau, l’ONEMA prend en charge le volet poisson de ces suivis.

Deux techniques de pêches électriques peuvent être appliquées dans le cadre de ces réseaux de suivi piscicoles. Pour les cours d’eau de petits et moyen gabarits et de faible profondeur, on réalise des inventaires exhaustifs permettant une estimation assez précise des densités de chaque espèce présente.

Depuis 2007, pour les cours d’eau de largeur  supérieure ou égale à 8-10m (c’est le cas du Furan) et ou profond (plus d’1 m environ), on réalise un sondage permettant une évaluation efficace de la composition du peuplement (espèces présentes, proportions relatives des différentes espèces, représentation des classes de taille…).

 

Historique des résultats

De façon tout à fait exceptionnelle, presque aucun poisson n’a été capturé sur cette station entre 1997 et 2006 (hormis 10 loches franches prises en 2001), alors que l’habitat conserve un certain potentiel (par ex. diversité d’écoulement et de granulométrie), malgré une morphologie également modifiée par divers aménagements (endiguements, seuils,…).

Tableau 1 : Historique des résultats de pêches électriques réalisées par l’ONEMA sur la station du Furan à Andrézieux-Bouthéon (LOF=loche franche ; VAI= vairon ; CHE : chevaine ; GOU : goujon ; PCH : poisson-chat ; BAF : barbeau fluviatile ; PER : perche commune ; PES : perche-soleil ; HOT : hotu ; TRF : truite fario ; TAC : truite-arc-en-ciel ; ABL : ablette)

 

En effet, cette station est historiquement un des points noirs de la région en matière de pollution. En effet l’inefficacité du dispositif d’épuration de la ville de Saint-Etienne, avait pendant longtemps empêché le développement normale de la faune piscicole.

A partir de 2003 plusieurs constats réalisés par les agents de l’ONEMA (ex CSP) ayant donné lieu à des procédures judiciaires, ont conduit à une certaine prise de conscience de la part des autorités concernées, aboutissant à l’amélioration du traitement des effluents domestiques et urbains.

Ces travaux ont rapidement porté leurs fruits, puisqu’à partir de 2009, loches et vairons (2009), auxquelles se sont rajoutés par la suite chevaines (2010) et goujons (2013) notamment, ont été capturés en quantités de plus en plus appréciables.

Ainsi ce tronçon du Furan a-t-il pu être progressivement recolonisé par l’amont par des espèces de plus en plus exigeantes.

Toutefois on est encore loin des potentialités d’un tel cours d’eau, et surtout, la présence d’un obstacle infranchissable rendait impossible toute recolonisation par l’aval depuis la Loire.

Un projet de restauration de la continuité écologique a été initié récemment pour répondre aux exigences de classement de ce cours d’eau au titre de la continuité.

En juin 2016, une passe à poisson (17 bassins successifs) devant rétablir cette connexion a été inaugurée pour permettre à de nombreuses espèces présentes dans la Loire, de remonter périodiquement ou de s’établir durablement dans le Furan aval.

Malgré une méthode de prospection partielle (pêche par point), les résultats de la pêche 2016 sont déjà assez éloquents : en plus des espèces observées depuis quelques années, 7 nouvelles espèces ont été capturées parmi lesquelles il fait peu de doute que les barbeaux fluviatiles, les hotus, les perches et les ablettes capturés, ont transité par la passe à poissons nouvellement construite. C’est probablement aussi le cas des quelques truites fario et perches-soleil également observées.

Ces résultats devront être confortés par les suivis ultérieurs, notamment pour vérifier l’efficacité de la passe à poisson sur d’autres espèces et/ou des individus de plus petite taille.

 

Autres personnes ressources :

Pascal Kolodziejczyk: Inspecteur de l’Environnement -  Responsables du secteur. ONEMA-Service Départemental de la Loire

Pascal Perotti : Inspecteur de l’Environnement -  Responsables du secteur. ONEMA-Service Départemental de la Loire

Pierre Grès : Chargé de mission de la Fédération de Pêche de la Loire

 

[1] Etablissement public sous tutelle du Ministère en charge de l’environnement : organisme technique de référence pour la connaissance, la préservation et la restauration des milieux aquatiques, reprenant et étendant les missions de l’ex Conseil Supérieur de la Pêche

 

 

Reportage de RCF concernant la pêche électrique de la Fabrique sur le Furan à Andrézieux-Bouthéon.
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